Toi le sort t'a éprouvée plus durement que la moyenne ,
Il a fait de ta vie un fléau sans pareil ,
Te blessant toujours plus dans ton coeur et ton corps .
Souvent l' épreuve est telle que tu craques , désespères ;
tu ne vois plus le bout du tunnel , tu te sens piégée ,
Tu cours après le souvenir de rêves abandonnés ,
Tu voudrais les revivre mais ils te sont ôtés .
Tes faux-amis sont partis , et toi tu les aimais !
Dans ta nouvelle solitude tu t' es recroquevillée .
Ton décor de vie même a dû se transformer .
Tu as dû apprendre à souvent renoncer .
Tu te sens à l' étroit dans un corps étriqué ,
Tu aimais tant bouger !
Tu redoutes l' avenir et ce qu' il va t' ôter ,
Tu as , dans tes instants de blues intenses ,
Des angoisses sans noms et même des terreurs .
Tu t' en prends à ta sep , au destin ...
Tu perds courage , cries et te débats .
Pas un jour sans fatigue et douleurs ,
Et qui pour te comprendre ? qui pour te soulager ?
Tu vis avec au fond l' idée de t' échapper ...
Oui mais voilà : plus que la moyenne tu réfléchis à tout ,
Et comme ton coeur est grand et ton amour aussi ,
Tu penses aux autres encore plus qu' à toi ,
Tu penses à leurs épreuves et veux les soulager .
Et c' est ainsi que tu es devenue pour beaucoup
Une bouée de sauvetage , une bonne fée !
Toujours la tentation de t' échapper est là ,
Mais tu penses à ceux qui t' aiment et tu renonces .
Parce que tu ne veux blesser personne ,
Tu ravales tes peurs et en fait de l' humour ,
Et tu donnes à tous de l' amour .
Ta maladie qui fait peur à certains ,
T' as transformée mais elle t' a embellie ;
je te regarde aller et je suis ébahie :
J' admire ton courage qui te fait t' obstiner ,
Tu es peut-être plus bas dans ton fauteuil ,
Mais comme tu es grande dans ta tête !
Les debouts peuvent en te regardant
Prendre des leçons de vie , de grandeur ,
D' humanité ; toi tu n' as rien à cacher .
Cesses de te complexer , c' est aux autres de l' être .
Il y a tant de monstres , de mufles , de grossiers personnages !
Toi ton âme est belle et ton esprit admirable ;
Ne penses surtout pas ce que tu dis :
Non , tu n' as pas l' air " gogol " dans ton fauteuil ;
Tu as l' air de ce que tu es : une grande dame ,
Un oiseau blessé , tel l' albatros ,
Qui ne peut s' envoler quand il tombe à terre,
Empêtré dans ses trop grandes ailes .
Pour nous tes amis qui t' aimons tant ,
Tu es indispensable et merveilleuse .
Ta tendresse est notre monde ,
Et nous voulons y habiter